Le Mexique se réjouit de l’absence de nouvelles taxes douanières sur ses exportations et du maintien de l’accord de libre-échange avec son puissant voisin.
Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres. Dans le cadre de sa nouvelle série de taxes annoncée mercredi soir, le président américain Donald Trump a épargné le Mexique, qui était pourtant dans le collimateur de la Maison-Blanche. «C’est une bonne nouvelle pour le pays», a sobrement commenté la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, lors de sa conférence de presse de jeudi matin.
L’enjeu est pourtant de taille. Pour le Mexique, dont plus de 80% des exportations (506 milliards de dollars de marchandises en 2024) sont destinées aux États-Unis, cette absence de nouvelles taxes est loin d’être anecdotique. De fait, dès jeudi après-midi, le peso mexicain a enregistré une hausse de 1,3%, atteignant ses meilleurs niveaux depuis novembre 2024, tandis que l’indice boursier principal a progressé de 0,65 %.
«Un grand succès»
Les raisons d’une telle clémence ? L’Accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA), négocié par Donald Trump lors de son premier mandat, qui a instauré une zone de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord. «Le traité USMCA a survécu à ce nouveau régime commercial», s’est félicité le ministre de l’Économie, Marcelo Ebrard, qui a salué «un grand succès». L’objectif du Mexique pour les 40 prochains jours est désormais de négocier les meilleures conditions commerciales possibles, selon le ministre.
Le Mexique, cependant, subira, comme tous les autres pays, les frais des 10% de tarifs douaniers minimums que l’administration Trump a instaurés sur toutes les importations. Mais dans une économie de marché, ce sont les avantages comparatifs qui comptent. Le Mexique se distingue dont, notamment par rapport à la Chine (qui subira des droits de 34%) et l’Union européenne (20%).
L’heure des grandes ambitions pour le pays aztèque ? Jeudi dans la journée, la présidente mexicaine a d’ores et déjà annoncé la publication, en mai, de nouveaux décrets pour soutenir ses industries locales, comme celles de l’automobile, de l’acier et de l’aluminium, dans le cadre d’un vaste «Plan Mexique».
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