Tout reste encore à faire pour Lou Jeanmonnot, et le suspense est entier pour le gros globe de cristal, qui récompense la leader du classement général de la Coupe du monde en fin de saison. Alors qu’il ne reste plus que deux courses à disputer à Oslo, épilogue de la saison, la biathlète française accuse désormais 35 points de retard sur Franziska Preuss.
Vendredi 21 mars, Lou Jeanmonnot a terminé le sprint de 7,5 kilomètres à un souffle de l’Allemande, qui était arrivée en Norvège avec un matelas de 20 points d’avance. Grâce à sa victoire, Preuss réalise la bonne opération du jour, avec 15 points de plus au compteur. Elle remporte au passage le petit globe de la spécialité.
Malgré la pression, Franziska Preuss s’est montrée très rapide sur les skis et solide sur le pas de tir, où elle a fait carton plein tant sur le couché que le debout (10/10). Appliquée, Lou Jeanmonnot lui a parfaitement répondu, en signant elle aussi un sans-faute à la carabine. Ressortie du pas de tir avec cinq secondes de retard sur sa rivale, la Jurassienne a mis les bouchées doubles pour les combler, en vain.
« Ces deux dixièmes me coûtent extrêmement cher »
Dans le stade, malgré les encouragements de supporteurs français venus en nombre, la biathlète de 26 ans a franchi la ligne d’arrivée avec deux petits dixièmes de seconde de retard sur Preuss (20 min 57 s 4, contre 20 min 57 s 2). « Ces deux dixièmes, ils peuvent [s’expliquer] partout. Dans des conditions normales, j’aurais été fière de cette course, mais [là] ça fait chier, a réagi Jeanmonnot, dépitée, au micro de La Chaîne l’Equipe. C’est difficile de se satisfaire d’une course pourtant pleine jusqu’au bout. C’est horrible, la course est très belle, et ces deux dixièmes me coûtent extrêmement cher. »
Depuis que l’Allemande a endossé le dossard jaune de leader du classement général, mi-décembre 2024, après le sprint de Hochfilzen (Autriche), il n’a plus quitté ses épaules. Au pied du mur à Pokljuka (Slovénie) le week-end du 15 mars, Lou Jeanmonnot était contrainte à l’exploit pour combler son retard et elle n’a pas tremblé. En arrivant à Oslo, seuls 20 points séparaient désormais les deux biathlètes avant les trois dernières courses sur la colline de Holmenkollen, temple du ski nordique – après le sprint ce vendredi, la poursuite samedi et la mass start dimanche –, avec 270 points à distribuer. L’écart n’avait pas été aussi faible depuis plusieurs saisons.
« Je ne pense pas qu’on se bat l’une contre l’autre, on se bat chacune avec nos propres démons », avait résumé la Française après avoir remporté la mass start en Slovénie, sa 7e victoire individuelle de l’hiver. Elle y confiait aussi être « terrifiée à l’idée d’arriver sur le pas de tir, à l’idée de tout foirer ».
Seule consolation pour la Française, malgré sa 2e place au sprint vendredi, elle partira sur la même ligne de départ que Preuss lors de la poursuite. « Je vais essayer de produire un combat de dernière ligne droite excellent, j’adorerais qu’on puisse faire une mass start d’égale à égale dimanche », insiste Jeanmonnot. La Doubiste n’a pas dit son dernier mot.
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