Le sélectionneur savoure la première place de ses joueurs à l’issue d’un Tournoi où, offensivement, ils ont «touché du doigt quelque chose».
Quel sentiment vous habite après cette victoire et cette première place ? La satisfaction, la plénitude ?
Fabien Galthié : On est heureux parce qu’on a gagné. C’était l’objectif avant ce Tournoi et on l’atteint. C’est du bonheur, de la joie.
Antoine Dupont avait dit que 80% de victoires, ça ne vaut qu’avec des titres. C’est enfin le cas…
Il n’a pas tout à fait dit cela… Il pense, comme nous tous, qu’on a envie de gagner tous nos matchs et les compétitions qui se présentent. C’est notre sixième Tournoi des six nations, le 2e que nous remportons, les autres, on les termine à la 2e place. On est donc satisfait. Si on prend un peu de recul, tous les scénarios différents qui se sont enchaînés pendant deux mois font notre chemin.
Cette première place a-t-elle plus de saveur une année impaire, avec trois déplacements ?
C’est plus difficile année impaire. Chaque adversaire, chaque contexte, quelle belle compétition ! Incroyablement dure. On voit l’Italie proche de battre l’Irlande, l’Écosse qui a failli gagner en Angleterre… Ce n’est que la 2e fois depuis le passage à six nations (après 2007, NDLR), c’est bien, c’est super.
On se met en difficulté, sous pression, face à une équipe légère et désinhibée, qui n’avait rien à perdre, juste jouer son rugby.
Ce Tournoi signe-t-il l’avènement de votre nouveau système de jeu offensif ?
Il faut avoir beaucoup d’humilité. Ça va très vite, en fonction des règles, de ce que les défenses proposent, les rapports de force changent énormément. Et puis, un système de jeu ce n’est pas que l’attaque. On marque 30 essais, on bat un record (les 29 essais inscrits par l’Angleterre lors du Tournoi 2001, NDLR) mais je ne sais pas trop quoi dire… Offensivement, on a touché du doigt quelque chose qui nous permet de déséquilibrer les défenses. On sent qu’on pose des problèmes à nos adversaires même si, aujourd’hui, ça a été plus difficile. On ne marque ‘’que’’ 4 essais. C’était un peu moins bien, mais on gagne sur d’autres arguments.
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Comment expliquez-vous la première période compliquée de vos joueurs ?
Un peu de pression je pense. On s’est préparé sans s’en mettre trop, mais on a été rattrapé par le stade, l’environnement, enfin c’est mon ressenti, car c’est impalpable. Puis des petits faits de jeu, les uns après les autres, qui ont redonné des possessions faciles aux Écossais. On se met en difficulté, sous pression, face à une équipe légère et désinhibée, qui n’avait rien à jouer, juste jouer son rugby.
«Louis (Bielle-Biarrey) est un bon exemple à suivre pour beaucoup de joueurs de cette équipe.»
Que représente cette première place dans le temps long ? Est-ce qu’elle permet de tourner la page de la Coupe du monde 2023 ?
On ne tourne pas la page de ce qu’on a vécu. On veut tous garder les moments joyeux ou difficiles qu’on a vécus. Plus on vit ce genre de situations, plus on s’y habitue et mieux on se connaît… Le rendez-vous en Irlande était le match de nos six ans. Eux jouaient le Grand Chelem, nous, on jouait tout qui devenait possible si on sortait un grand match. Le scénario a été incroyable, on perd Dupont et Barassi sur blessures, mais l’équipe était tellement forte tellement puissante… On se construit. On est désormais capable de se dire les choses avec justesse dans les situations chaotiques car on se connaît tellement bien. Cette équipe est meilleure que celle de 2023. Dans notre développement, parce qu’elle est passée par 2023 et 2024, un Tournoi difficile.
De nombreux records ont été battus par vos joueurs face à l’Écosse. Que vous inspire celui de Bielle-Biarrey, vieux d’un siècle, avec ses 8 essais inscrits en une édition ?
Il a tellement progressé depuis la Coupe du monde… Louis est en progression constante. Malgré son jeune âge, il a compris des choses sur le combat, l’agressivité, le jeu en l’air qu’on ne voit qu’au niveau international. Il est un bon exemple à suivre pour beaucoup de joueurs de cette équipe.
Propos recueillis en conférence de presse
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