C’est une plante phare chez les vivaces, une grande classique vendue par milliers, mais pas de celles qui finissent au milieu des ronds-points comme la stipa, la gaura, la verveine ou l’agapanthe, « la grande cavalerie », comme les appelle Alexis Boissinot, pépiniériste dans le Maine-et-Loire, qui fournit municipalités et architectes paysagistes. La grande astrance est trop chère et trop lente à la pousse pour se retrouver au milieu de la circulation. Et puis, descendue dans la vallée, la petite ombellifère préfère le calme des parcs publics ou des jardins particuliers.
Elle et sa tige quasi glabre viennent des alpages. Isabelle Paris, fondatrice de la fleuristerie L’Astrantia, à Annecy (Haute-Savoie), dit qu’à partir de la fin mai, elle l’accompagne dans toutes ses randonnées sur les falaises du Parmelan, qui domine la ville. Le Conservatoire botanique national de Franche-Comté l’a aussi repérée à Grande-Rivière Château (Jura) ou à Bannans (Doubs). Ce petit format – sa tige n’excède pas 50 centimètres – résiste aux premières gelées, « se fait discret, plus champêtre que sophistiqué avec ses teintes de rose pastel ou de blanc », dit-elle. Mais en rouge grenat, il « apporte de la couleur dans un bouquet ».
L’astrance est devenue un incontournable des compositions de la fleuriste de Haute-Savoie. Facile à assortir, parfaite pour tenir compagnie à des chardons bleus, des anémones, des renoncules ou du limonium. Mais la fleur, en forme d’étoile et au cœur tremblotant, a sa part d’ombre. Isabelle Paris regrette sa tendance « à baisser mollement la tête lorsqu’elle est coupée ». Il suffit alors, confie-t-elle, de recouper un peu sa tige et de changer l’eau pour que le végétal se ressaisisse et se redresse.
L’astrance peut aussi être conservée façon herbier, en la faisant sécher pressée à plat. Avec une tige par plan et quelques têtes par tige seulement, cette plante de jardin de curé ne se laisse pas facilement semer, reconnaît Alexis Boissinot, même si « une fois en place, ça va ». Ses fleurs coupées viennent de plantations, du Kenya en général, certainement pas de balades dans le parc national des Millevaches. L’espèce est protégée dans le Limousin
Nom savant Astrantia major.
Zones de prédilection Les grands espaces à l’ombre, les clairières et les prairies de montagne.
Floraison De juin à septembre.
Entretien Maintenir le sol humide et couper les fleurs fanées pour prolonger la floraison.
Aime La compagnie des fougères, hostas et heuchères.
N’aime pas Les sols pauvres et secs.
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