Max Thomas Sanderson, le créateur cousu main

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Né en Tasmanie, Max Thomas Sanderson, 33 ans, a grandi au milieu de pâturages s’étendant à perte de vue, parsemés de fermes d’élevage de moutons, où la laine de qualité est une ressource importante. « Nous étions au bout du monde et la mode était invisible durant mon enfance », raconte le créateur australien. A l’adolescence, il se passionne pour un programme de la BBC présenté par le journaliste de mode Tim Blanks et consacré à des créateurs emblématiques comme Jean Paul Gaultier ou Alexander McQueen, qu’il enregistre religieusement sur des cassettes VHS. A 18 ans, il s’installe à Melbourne, où il étudie le design de mode au Royal Melbourne Institute of Technology.

Après l’obtention de son diplôme, il travaille dans un atelier de tailleur traditionnel, où il apprend à coudre et à construire un vêtement. Puis il déménage à Paris, où il obtient un master à l’Institut français de la mode en 2016, et découvre l’univers des grandes maisons de luxe. Diverses expériences dans des labels de mode le confortent dans son désir de travailler de ses mains et de fonder sa propre structure, en 2022. « J’ai créé la version moderne d’un atelier de tailleur plutôt qu’une marque de mode, souligne le designer. Je ne parle pas de “collection” ni de “saison” : je dévoile une seule “édition” de vêtements par an, constituée d’archétypes vestimentaires, sans distinction de genre, qui s’enrichit au fur et à mesure. »

Suivant le savoir-faire tailleur, il imagine une garde-robe intemporelle coupée dans des tissus précieux. Chaque pièce est conçue sur commande, faite à la main et sur mesure « dans la tradition de la haute couture », dans son atelier de Pantin (Seine-Saint-Denis). Qu’il s’agisse d’un manteau en laine (issue des fermes de son pays natal) ou d’un beau trench-coat doublé de soie, toutes ses créations sont l’aboutissement d’un travail de construction méticuleux : l’artisan a développé une technique de couture apparente (des points cousus en diagonale, contrastant souvent avec le tissu), faisant partie de l’assemblage même des pièces, au-delà de l’aspect esthétique.

Manteau et pantalon en laine australienne.

Une méthode déposée à l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle. Il faut compter environ cinquante heures de travail pour fabriquer un de ses manteaux, car tout est cousu main par le créateur en personne, y compris les finitions internes.

maxthomassanderson.com

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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