ENTRETIEN – La ministre en charge des Comptes publics exclut que l’endettement finance les dépenses militaires supplémentaires.
Amélie de Montchalin est ministre en charge des Comptes publics.
LE FIGARO. – Le président de la République a annoncé des investissements supplémentaires pour notre défense mais sans hausse d’impôts ; le premier ministre dit que la priorité budgétaire va à nos armées, mais sans abandonner notre modèle social. D’où va venir l’argent ?
Amélie de MONTCHALIN. – Nous sommes face à un double défi de souveraineté : l’un stratégique et géopolitique, l’autre financier. Et l’un ne va pas sans l’autre. Un pays endetté qui se rend dépendant des marchés financiers, c’est un pays qui perd sa souveraineté. Et si on doit se réarmer, on ne peut pas le faire en étant fragile budgétairement. Faire face à ces défis, cela implique de faire des choix. Ces choix doivent préserver ce qui fait la solidité de notre nation : la solidarité, notre défense, notre éducation… C’est cet ensemble qui nous fait résister à des crises. Dans le moment que nous connaissons, il faut retrouver notre puissance et…
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