Des sneakers bien dans leur peau

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Pas besoin d’être un cinéphile accompli pour citer une scène dans laquelle un homme se met à genoux afin d’enfiler un soulier au pied de l’être aimé. Pantoufle de vair dans Cendrillon (1950), escarpin noir dans L’Appartement (1996), ou bleu, signé Manolo Blahnik, dans Sex and the City, le film (2008)… Mais de baskets, point. C’est qu’elles sont, dans l’imaginaire collectif, bien moins féminines et élégantes que de fines chaussures à talons. « On n’accorde jamais trop d’importance au choix de ses chaussures. Beaucoup de femmes pensent que ce n’est pas important, alors qu’on reconnait vraiment l’élégance d’une femme à ce qu’elle porte à ses pieds », disait d’ailleurs Christian Dior.

Pourtant, la basket s’est imposée dans le vestiaire féminin depuis longtemps. Au début du XXsiècle, l’avènement du sport, et en particulier des activités de plein air, bouleverse le code vestimentaire en vigueur, donnant naissance aux premières chaussures de sport. Outre-Atlantique, les frères Spalding, qui ont lancé leur entreprise en 1876, imaginent ainsi des souliers pour dames très légers, sorte de bottines en nubuck à fine semelle de cuir, plates, pensées pour l’aérobic et la gymnastique. Au milieu des années 1920, la Française Suzanne Lenglen, elle, révolutionne le monde du tennis par son jeu et sa garde-robe. Jambes nues, chaussures souples en veau velours blanc et semelles en caoutchouc crêpé aux pieds, elle séduit sur les courts et en dehors par son allure.

Ultra-plats et extra-fins

Si la basket a pris au fil du temps et des évolutions (sportives comme technologiques) de multiples formes, parfois bien éloignées du petit format en peau, ce dernier connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. Taillée dans du suède, une matière très douce obtenue à partir de la face intérieure du cuir, cette basket fine aux airs de chaussons se retrouve désormais aux pieds des filles en vue – mannequins, célébrités, influenceuses… –, qui ont l’embarras du choix.

Outre la Samba d’Adidas, qui a définitivement quitté les terrains de football – pour lesquels elle avait été créée à l’origine, en 1949 – pour les pavés des grandes villes, toutes les maisons de luxe (Hermès, Loewe, Dries Van Noten, Prada ou encore Chloé) proposent désormais des modèles ultra-plats et extra-fins en veau velours. Présentée pour la première fois lors des défilés printemps-été 2024, la collaboration entre Miu Miu et New Balance a fait des émules. Au point que les deux modèles en suède camel et brun, agrémentés de lacets colorés, se revendent aujourd’hui une petite fortune sur les sites de seconde main. L’activité sportive consistant désormais à les dénicher avant tout le monde.

Baskets Geox U Snake Original, en suède, Geox, 109,90 €.
Sneakers Ballet Runner 2.0, en Nylon et cuir de veau, Loewe, 650 €.
Baskets en chèvre velours, Hermès, 870 €.
Sneakers en cuir velours, Tod’s, 690 €.
Sneakers Kick, en textile et cuir de veau, Chloé, 590 €.

Source du contenu: www.lemonde.fr

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