VU D’AILLEURS – Interdire aux enfants de laisser rouler un ballon dans l’espace public, c’est comme arrêter le temps de l’enfance. Plus qu’une simple restriction, les panneaux d’interdiction ciblent, de façon à peine voilée, les classes populaires.
Par Lucia Taboada (El Pais)
Sur une photo prise par le photojournaliste Paul Lowe à Sarajevo dans les années 1990, un enfant joue au ballon sous la lumière pâle d’un après-midi d’hiver. La rue est presque déserte, l’instant semble suspendu. Une scène en apparence ordinaire. Pourtant, un détail profondément troublant apparaît à gauche de la photo, juste dans le dos de l’enfant : l’ombre d’un piège à chars projetée sur l’asphalte. À cette époque, s’accorder un simple moment de jeu pouvait coûter la vie.
Peu d’images sont aussi poignantes et universelles que celle d’un enfant jouant au ballon dans un décor en ruine. Cela se répète sans cesse, comme si le football s’invitait dans les tragédies, comme une promesse de reconstruction. Les aides d’État devraient même prévoir la distribution de ballons. C’est exactement ce qui s’est produit il y a trois mois à Aldaia : après des pluies torrentielles, Álvaro, Iker, Roberto et Alejandro ont improvisé une partie de football dans la boue. L’image…
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