PORTRAIT – Depuis plus de quarante-cinq ans, le fondateur du PKK continue de régner sur le groupe armé kurde, inspirant la haine des uns et l’admiration des autres.
« Chef terroriste tueur de bébés » pour les uns (l’État et une large majorité de la société turque), « leader » pour une bonne partie des Kurdes, qui le considèrent comme un guide et un visionnaire pour leur peuple et le Moyen-Orient : peu de figures divisent autant qu’Abdullah Öcalan en Turquie. Emprisonné depuis vingt-six ans sur Imrali, une île en mer de Marmara, le septuagénaire maintient une autorité de fait, politique et intellectuelle, sur le groupe qu’il a fondé, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
L’aura de cet homme à l’épaisse moustache grise, que ses partisans surnomment affectueusement « Apo » (diminutif d’Abdullah, qui signifie aussi « oncle » en kurde), s’étend au-delà des frontières turques, tout particulièrement dans le nord de l’Irak – dans les monts Qandil où se cachent les commandants militaires du PKK – et dans le nord-est de la Syrie, où les Kurdes liés à Öcalan s’efforcent depuis une dizaine d’années de mettre en pratique le « confédéralisme…
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