Place Saint-Pierre à Rome, recueillement et inquiétude autour de la santé du pape François

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EN IMAGES – Les fidèles se réunissent le soir, place Saint-Pierre, autour du chef de l’Église catholique, dont l’état est « critique mais stationnaire ».

Au Vatican, on ne lit pas dans les boules de cristal. L’avenir du pape François, 88 ans, hospitalisé depuis bientôt deux semaines pour une pneumonie, est avant tout dans les mains des médecins. Mais pas seulement. La spiritualité chrétienne recommande de prier pour le rétablissement de tout malade, illustre ou inconnu, à l’exemple des récits évangéliques, où le Christ se voit constamment sollicité pour des guérisons.

Sans attendre de miracle, mais une issue favorable pour François, la communauté catholique s’est mise à genoux depuis l’admission du pape à l’hôpital Gemelli de Rome, le 14 février. Elle a même redoublé sa prière, dimanche 23 février, dans toutes les paroisses du monde après l’annonce d’une crise respiratoire inattendue dans la journée de samedi, jusqu’au spectaculaire chapelet, traditionnelle prière à la Vierge Marie, organisée à cette intention par le Vatican, tous les soirs de la semaine à 21 heures, place Saint-Pierre, retransmise en France sur KTO.

Lundi soir, le numéro deux du Saint-Siège, le cardinal italien Pietro Parolin, présidait l’assemblée. « Depuis que le pape François a été hospitalisé à la polyclinique Gemelli, une prière intense se lève pour lui, de la part de fidèles individuels et de communautés chrétiennes du monde entier », a noté le secrétaire d’État du Saint-Siège devant 27 cardinaux – dont le cardinal américain Burke, connu pour son opposition à la ligne de François et le cardinal italien Becciu, suspendu par le même pape – et 2000 fidèles composés de nombreux prêtres, religieux et religieuses bravant la pluie et le froid.

Le cardinal Parolin, souvent cité comme un successeur potentiel, a ensuite confié François à « la puissante intercession de Marie, pour qu’elle le soutienne dans ce moment de maladie et d’épreuve et l’aide à retrouver bientôt la santé ».

«Nous devons donner de l’amour au pape»

Maguelonne, une Française de passage à Rome, a tenu à être là : « Cette veillée était très sobre et très belle, et pouvait rejoindre chacun, quel que soit son niveau d’attachement pour le pape, a-t-elle confié à l’agence I.Media. Le pape est méconnu ou trop vite jugé en France. Mais, comme catholiques, nous devons le voir comme un père. J’ai beaucoup d’admiration pour ses paroles très courageuses pour les jeunes, pour la défense de la vie. »

Marie-Lys, jeune Française en service à Rome auprès de la Communauté du Chemin Neuf, complétait : « Ici à Rome, c’est notre évêque, c’est un vrai père. On se sent concernés par le fait qu’il aille mal, et c’est très réconfortant de sentir que le monde prie pour lui. »

Dans la foule, le cardinal Coréen Lazarus You Heung-sik, préfet du dicastère pour le Clergé, parfois cité dans la liste des “papabili”, priait avec des jeunes de son pays : « Le Pape est le centre du christianisme, de l’Église, il est le successeur de Pierre. Nous devons prier pour lui qui nous a tant aimés et nous devons maintenant aussi donner de l’amour au pape. J’espère qu’il se rétablira rapidement », a rapporté le site officiel Vatican News.

État «stationnaire»

La question est de savoir si François se rétablira et quand. Au milieu de l’avalanche de rumeurs émergent trois certitudes. La première est que le pape semblerait, selon le Vatican, aller « légèrement mieux » depuis l’épisode de crise respiratoire du samedi 22 février, même si cet incident subit a démontré que la situation pouvait basculer à tout moment. Cette dégradation respiratoire était intervenue après une conférence de presse plutôt rassurante, vendredi 21 février au soir, tenue par les médecins eux-mêmes.

L’état de santé de François est toujours considéré comme « critique » par l’hôpital, son pronostic est toujours « réservé », le point médical communiqué lundi soir confirmait une tendance de « légère amélioration », celui de mardi soir un état « stationnaire », mais pas de détérioration.

On saura lors d’une nouvelle conférence de presse médicale, en fin de semaine, si les traitements en cours confirment cette lente évolution. Dans l’hypothèse où l’optimisme prudent affiché par le Vatican était une opération de communication, cette institution ne pourrait pas cacher longtemps une dégradation, d’autant que François a exigé la transparence sur sa santé.

Rien ne sera plus comme avant

La deuxième certitude est factuelle. Le pape a reçu lundi après midi, pour une séance de travail, ses deux proches collaborateurs, le cardinal Parolin et Mgr Edgar Pena Para, un Vénézuélien, substitut, c’est-à-dire secrétaire général du Saint-Siège. Elle a donné lieu, mardi, à la publication de plusieurs nominations très ordinaires, du ressort du pape, à la reconnaissance de nouveaux saints, également du niveau de la responsabilité papale, et, enfin, à la diffusion du message annuel de carême, qui commence le mercredi 5 mars.

Aucun de ces actes ne concerne une urgence qu’il faudrait absolument régler, même si la proclamation de nouveaux saints suppose la réunion d’un « consistoire », une réunion de cardinaux autour du pape. La date n’est pas fixée mais tous se souviennent d’un « consistoire » identique, en apparence anodin, le 11 février 2013, où le Benoît XVI annonça sa… renonciation à ses frères cardinaux incrédules !

Troisième certitude : rien ne sera plus comme avant pour ce pontificat. Cet accident de santé, plus que les précédents, marque déjà un changement profond dont l’Église a une expérience récente : de 2001 à 2005, dernières années de Jean-Paul II, le Vatican a su vivre avec un pape très affaibli.



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Source du contenu: www.lefigaro.fr

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