REPORTAGE – Le sulfureux casino Kings Romans, au Laos, est le paravent d’une nouvelle traite humaine 2.0 orchestrée par les mafias venues de Chine.
Par-delà les flots boueux du Mékong, on ne voit que lui surgir à l’horizon, incongru. Un immeuble boursouflé aux allures d’ananas géant d’une vingtaine d’étages dégoulinant de dorures, scintillant sous le soleil crayeux de la saison sèche d’Asie du sud-est. La nuit, le casino Kings Romans clignote telle une vigie fluorescente au cœur des collines luxuriantes de cette plaque tournante de tous les trafics entre la Thaïlande, le Laos et la Birmanie en guerre.
« Bienvenue dans le mystérieux et romantique Triangle d’Or » proclame une banderole sur le quai où les visiteurs débarquent discrètement dans cette sulfureuse enclave laotienne aux mains de la mafia chinoise. Sans passeport. « Ils préfèrent ne pas avoir un tampon de l’immigration d’ici, cela peut leur créer des problèmes » explique Parn*, qui organise le passage clandestin du majestueux fleuve venu de l’Himalaya, fixant la frontière entre les trois nations.
À lire aussi
Vaincre la junte ou mourir : en Birmanie, aux côtés des rebelles chrétiens
Une Zone économique spéciale (ZES) de 3000 hectares fleurant la Chine communiste…
Source du contenu: www.lefigaro.fr
