CHRONIQUE – Marie Nimier ne parvient ni à pardonner, ni à oublier, ni à détester sa mère. Son livre est donc un roman d’amour.
L’avalanche de livres sur un père toxique et une mère abusive a une explication historique. On juge une époque : les années 1960, la dernière où les enfants naissaient sans être planifiés. Les parents étaient trop jeunes, les temps trop libres, la modernité était incompatible avec la famille bourgeoise. On se débrouillait, mais mal. Regardez les images d’archives de cette génération dansant le twist. Ces jeunes ont-ils des tronches de parents d’élèves ?
Et pourtant, ils se sont reproduits. Ils se marraient avec tout le monde sauf avec leurs gosses. Marie Nimier a sauté d’un pont pour obéir (inconsciemment) à une blague de son père : « Ma femme a eu une fille hier, j’ai été immédiatement la noyer dans la Seine. » Elle raconta cette tentative de suicide dans Sirène en 1985, puis dans La Reine du silence, prix Médicis en 2004. Écrivain insolent et désinvolte, Roger Nimier n’était certainement pas compétent pour être un « bon père de famille », selon l’expression du…
Source du contenu: www.lefigaro.fr
