Le contournement routier du village de Dordogne pourrait coûter, s’il est finalisé, 25 millions de plus que le budget estimé par la collectivité.
Qu’il soit finalisé ou abandonné, le projet de contournement routier du village touristique de Beynac coutera des dizaines de millions d’euros au département de la Dordogne, a estimé lundi la chambre régionale des comptes, pointant « un manque de prudence ».
Ce projet de déviation autour de ce village de 500 habitants, classé parmi les plus beaux de France avec son château médiéval perché sur une falaise dominant un méandre de la Dordogne, divise depuis des décennies. Ses partisans disent vouloir désengorger et sécuriser la commune, les opposants affirment défendre le site et l’environnement.
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Un projet à 63 millions d’euros
Une première version avait été retoquée par la justice administrative, en 2019 puis 2022, après le démarrage du chantier, laissant des piles d’un futur pont, déjà construites, au milieu de la rivière. Le département, présidé par le socialiste Germinal Peiro, a depuis été condamné à verser près de deux millions d’euros d’astreintes, faute de les avoir démolies. Mais une deuxième version, toujours proposée par le conseil départemental et utilisant les ouvrages déjà bâtis, a été validée en novembre par la préfecture. Les opposants ont aussitôt annoncé de nouveaux recours juridiques.
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Selon les calculs de la chambre régionale des comptes, ce nouveau projet, s’il aboutit, devrait coûter a minima 63 millions d’euros, soit 25 millions de plus que le budget initialement estimé par la collectivité. À cette somme s’ajouteront « les frais de résiliation du marché de démolition », précise la CRC.
Dans l’hypothèse où le contournement serait finalement abandonné et la solution de remise en état du site retenue, le projet avorté aura coûté, paiement des astreintes inclus, 41 millions d’euros, ajoute-t-elle. Dans leur analyse chronologique du dossier, les magistrats financiers dénoncent « un manque de prudence de l’ordonnateur », ainsi qu’une « absence de transparence » lors de certaines étapes du projet.
Dans sa réponse adressée à la Chambre, le département estime que « l’aboutissement » de son projet remanié « serait assurément au bénéfice du bon usage des fonds publics ». Il réclame « une évolution des procédures ou de la législation (…) pour éviter que d’autres collectivités, que l’État lui-même ne subissent ces contraintes et les préjudices financiers qu’elles génèrent inéluctablement », évoquant le projet de l’autoroute A69 dont le chantier en cours pourrait être stoppé en justice.
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