Un loir a hiberné au creux d’un vieux nid de guêpes, lui-même lové dans une ancienne ruche… Ces traces d’habitations animales façon poupées russes se trouvent au cœur d’une exposition qui se présente à la fois comme un intérieur et un extérieur, à la croisée d’une maison et d’un paysage. « Home is a Foreign Place » − que l’on peut traduire par « la maison est un lieu étranger » − a été composé par l’artiste suisse Sandra Knecht (née en 1968) dans les espaces de la fondation KBH.G (Kulturstiftung Basel H. Geiger), au cœur de Bâle, en Suisse, comme une installation et une exploration aussi physique que mentale de la notion de Heimat, qui traverse tout son travail. Ce terme allemand se réfère au foyer natal, au chez-soi d’origine, à ses racines et à l’environnement qui nous a façonnés. Ce lieu auquel on appartient intimement, où l’on se sent à la maison. L’artiste en propose une approche sensorielle.
Les vestiges d’une toiture en bois posée au sol accueillent les visiteurs. Plus loin, on retrouve les murs de cet ancien rucher aux airs de chalet qui se déconstruit au fil de l’exposition. Dans un coin, les étagères d’un garde-manger rassemblent des conserves en verre faites maison et prennent des airs de cabinet de curiosités. Ici, des haltères ont pour poids des rondins ou des pneus, là, le moulage en bronze du tronc d’un vieux poirier mort du jardin de l’artiste jonche le sol. Là encore, des tuiles entreposées dans des caisses. De nature en domesticités, l’exposition se butine sans parcours hiérarchisant.
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