50 gigas, 100 voire 200 gigas : vers une limitation des forfaits mobile proposant des données XXL ?

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L’Ademe, agence chargée de la transition écologique s’inquiète du poids environnemental de la consommation de données et entrouvre l’idée d’une tarification progressive. Ce qui irrite certains opérateurs.

C’est une flambée qui dépasse de loin le prix des forfaits mobiles. 50Go, 100Go, 200Go, jusqu’à 350Go… Ces dernières années, le volume des data comprises dans les formules d’abonnement des opérateurs télécoms ne cesse d’augmenter. Une tendance qui interpelle l’Ademe. Dans une étude publiée au début du mois de janvier sur le poids environnemental du numérique, l’agence de la transition écologique s’inquiète de cette fuite en avant. Et propose, pour y remédier, de réfléchir à la «mise en place d’une tarification progressive sur les forfaits mobiles». L’idée serait de créer une première «tranche gratuite», de 0 à 20 Go, par exemple, puis « une tarification progressive pour la consommation de datas en 4/5G» au-delà.

Il faut le rappeler, le numérique ne pèse que 4,4% de l’empreinte carbone nationale. Au sein de ce secteur, le poids de la data mobile est lui aussi très faible, puisque la brique réseau sur laquelle reposent ces consommations représente seulement 4% de l’empreinte carbone du numérique. Par ailleurs, et cet impact n’est jamais chiffré, à commencer par l’Ademe elle-même, le numérique permet aussi de remplacer ou supprimer des usages plus émetteurs de CO2. Passer un appel en visioconférence ou une commande sur internet plutôt que de prendre son véhicule à essence est mieux-disant, du point de vue des émissions de gaz à effet de serre.

À entendre l’Ademe néanmoins, en ouvrant grand les vannes de la consommation de data mobile, les opérateurs télécoms suscitent une croissance importante des usages, qui a «des impacts directs sur les autres briques du numérique que sont les équipements et les centres de données». Dans l’esprit de l’agence, par exemple, le fait de proposer des forfaits XXL aux clients augmente l’usage du streaming, et indirectement le besoin en smartphone ou tablettes plus puissants avec de plus grands écrans. Or, la fabrication des terminaux pèse 80% de l’usage du numérique.

Une hausse économique

Il faut rappeler que pour la plupart des usages, le volume des data mobile proposé par les opérateurs est superflu. Le régulateur des télécoms (Arcep), indiquait dans son dernier baromètre trimestriel, publié en octobre 2024, que les Français ne consommaient en moyenne que 16 Go de données par mois. Loin, très loin des enveloppes XXL vendues aujourd’hui. Mais cette moyenne cache des disparités importantes. De plus en plus, dans les zones qui ne sont pas encore raccordées à la fibre, la 4G/5G est utilisée au sein du domicile comme véritable connexion d’internet fixe. Ces utilisateurs ont des besoins plus importants en matière de data mobiles.

Si les opérateurs font flamber les enveloppes dans leurs forfaits, c’est d’abord pour des raisons économiques. Cette inflation permet de justifier la hausse, ou à tout le moins le maintien des prix des forfaits. Pas anodin, alors qu’Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom vivent au rythme des guerres de prix qui rognent leurs marges. Réagissant sur « X» à l’idée de la tarification progressive sur les data mobile, le patron fondateur de Free, Xavier Niel, s’est fendu d’un laconique «Non», durant le week-end. En octobre 2024, l’opérateur avait augmenté à 350 Go son forfait le plus généreux en matière de data mobile.

L’Ademe, qui veut imposer dans le débat public la question de sobriété des usages numérique, rejoint l’Arcep qui elle aussi plaide pour des politiques de sobriété. L’un de ses conseils récurrents est de privilégier, dès que c’est possible, une connexion Wi-Fi plutôt que d’utiliser la data mobile, la première consommant en effet trois fois moins que la seconde. Quant à savoir si un projet de loi pourrait voir le jour sur ce sujet, il faudrait que les politiques s’en emparent. L’Agence de la transition écologique jugeait elle-même dans ses travaux au début du mois qu’il fallait au préalable étudier «la faisabilité d’une telle mesure».

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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