Les Gallois, qui défieront le XV de France en ouverture du Tournoi ce vendredi soir, traversent une crise sans précédent et devront vite réagir.
Qu’il semble loin le temps des Gareth Edwards, JPR Williams, Phil Bennett ou, plus récemment, Jamie Roberts, George North et Jonathan Davies… Jamais dans son histoire le pays de Galles n’avait été autant dans le dur. Le XV du Poireau reste sur une série record de 12 défaites consécutives, dont trois lors des matches de novembre face aux Fidji, l’Australie et l’Afrique du Sud. Son dernier succès remonte à plus d’un an, en octobre 2023 lors d’un match de poule de Coupe du monde face à la Géorgie.
Entre-temps, le sélectionneur, Warren Gatland, avait posé sa lettre de démission. «C’est difficile en ce moment. Je suis humain donc je me demande si rester est la bonne chose à faire», avait-il déclaré avant d’être finalement maintenu au poste. Bon dernier du dernier Tournoi des six nations derrière l’Italie (les Gallois avaient perdu tous leurs matches, une première depuis 1937), le pays de Galles – vainqueur de quatre Grand Chelem depuis le passage à six nations en 2000 – a dû aussi essuyer une grave crise survenue en 2023 avec une menace de grève des joueurs concernant les salaires des internationaux. Bref, rien ne va.
Cadres rappelés en renfort
Revenons-en au terrain. L’an passé, Gatland avait fait le choix d’insuffler un nouveau souffle à son équipe en y intégrant un bon nombre de jeunes joueurs. Le capitanat avait d’ailleurs été confié au deuxième-ligne Dafydd Jenkins, âgé de 21 ans à l’époque. L’envie, donc, de se tourner rapidement vers la Coupe du monde 2027. «Depuis la Coupe du monde, nous avons perdu beaucoup d’expérience et, lorsque vous intégrez des jeunes, cela prend un peu de temps», analysait Warren Gatland le 21 janvier dernier lors de la conférence de presse d’avant Tournoi à Rome. Oui, mais. Le sélectionneur cherche la bonne formule. Il a depuis rappelé des anciens comme Taulupe Faletau, Liam Williams ou Josh Adams.
Il faut dire que les arrêts de carrière de cadres comme le deuxième-ligne emblématique Alun Wyn Jones ou de l’ouvreur, aujourd’hui à Toulon, Dan Biggar, ainsi que le passage éclair de la fusée Louis Rees-Zammit au football américain n’ont pas aidé. «Cela ajoute un peu de force en profondeur à l’équipe, mais il sera également très positif de voir certains des jeunes se développer», argumentait l’intéressé. Au poste de demi d’ouverture par exemple, les interrogations demeurent. En l’absence de Gareth Anscombe et Sam Costelow, les ouvreurs des test-matches de l’automne, le jeune Dan Edwards (21 ans) pourrait être testé. Un sacré baptême du feu… Face au XV de France, c’est le polyvalent Ben Thomas (26 ans, 4 sélections) qui a été choisi pour démarrer en 10. Là non plus, aucune certitude.
Les gens nous écartent, mais je l’ai déjà dit, vous nous écartez à vos risques et périls
Warren Gatland
Sans certitude, donc, les Gallois s’avancent dans ce Tournoi avec de nombreux doutes. Warren Gatland, lui, veut y croire. «C’est vraiment un tournoi où il faut prendre de l’élan et gagner en confiance. Si vous gagnez deux ou trois matches dès le début, vous pouvez construire sur cette base et vous avez alors une chance de faire exceptionnellement bien. Je pense que ce qui est passionnant dans les Six Nations, et cela a pris du temps, c’est que chaque équipe est capable de battre n’importe quelle autre si elle fait ce qu’il faut.» Avant d’ajouter : «Les gens nous écartent, mais je l’ai déjà dit, vous nous écartez à vos risques et périls. Nous devons créer de la confiance et de l’assurance au sein de notre groupe.»
Sous pression dans ce Tournoi avec une obligation de résultat, le XV du Poireau aurait rêvé d’une meilleure opposition pour son premier match dans la compétition. Les Gallois affronteront en effet le XV de France à Saint-Denis avant de se déplacer en Italie lors de la 2e journée pour ce qui s’apparente à un match décisif pour la cuillère de bois… Les joueurs de Gatland devront ensuite négocier deux réceptions périlleuses face à l’Irlande et l’Angleterre puis un dernier déplacement en Écosse. Pas simple. La pression est donc sur les épaules de Warren Gatland qui devra prouver, en peu de temps, qu’il est toujours l’homme de la situation.
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