ANALYSE – Avant de composer avec le PS pour échapper à une motion de censure, l’ancien patron du Modem relevait résolument de la droite, de son catholicisme assumé à sa ruralité revendiquée.
Lorsqu’il s’installe le 29 mars 1993 dans le bureau du ministre de l’Éducation nationale, François Bayrou ne goûte pas le mobilier et la décoration contemporaine qu’y a installé son prédécesseur Jack Lang. L’ancien professeur de lettres au collège de Nay (Pyrénées-Atlantiques) fait poser sur un chevalet un grand tableau de plus de deux mètres de large, au style délicieusement académique représentant une classe d’élèves en blouse grise écrivant sagement sous la dictée d’un maître au regard sévère mais bon.
Racines terriennes
Le quadragénaire est fier de montrer cette peinture. « Sur l’école, je ne suis ni de droite, ni de gauche ; je suis du parti des enfants », confie-t-il alors. Mais il n’empêche, son attachement à la transmission des savoirs plus qu’au « pédagogisme » en vogue, à l’autorité du maître, à la revalorisation du français et même des langues dites « mortes » l’inscrit dans un discours traditionnel de la droite. Dans les années de reconquête 1988-1993, qui furent…
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