ANALYSE – Croissance et démographie atones, dette et inflation inquiétantes… Pékin doit-il redouter la stagflation qui pèse sur Tokyo depuis trente ans ?
Les décennies de croissance insolente sont loin. Fini les bonds incessants de l’activité économique : +10 % par an entre 1980 et 2010 puis 7 à 8 %. En 2024, la crise du Covid est bien enterrée, mais le PIB n’a pas dépassé 5 %, selon les chiffres officiels du Parti, publiés vendredi. Le déclin devrait se poursuivre : les économistes tablent sur 4,5 % en 2025, encore moins l’année suivante.
La question lancinante n’est plus : à quel horizon, la Chine supplantera-t-elle les États-Unis sur le podium économique mondial ? Mais plutôt, va-t-elle glisser sur la pente de son voisin et vivre à son tour une « japonisation », c’est-à-dire une stagnation économique persistante, en contraste avec des décennies d’expansion rapide ? Trente ans après la crise, le PIB japonais n’a pas bougé et il ne pèse plus que 17 % de celui des États-Unis, le champion mondial.
Les similitudes abondent entre la Chine d’aujourd’hui et le Japon du début…
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