La lauréate sera connue le mercredi 29 janvier au soir, à l’occasion de l’ouverture officielle du festival.
Les Françaises Catherine Meurisse et Anouk Ricard ainsi que l’Américaine Alison Bechdel ont été désignées finalistes du Grand Prix du 52e Festival international de BD d’Angoulême, qui se tient du 29 janvier au 2 février, ont annoncé les organisateurs. Cette distinction, la plus prestigieuse dans le monde de la BD, récompense une œuvre originale dans le roman graphique et avait été décernée en 2024 à la Britannique Posy Simmonds (Tamara Drewe, Gemma Bowery...).
Parmi les noms retenus, Catherine Meurisse est pressentie depuis ces cinq dernières années pour présider la manifestation. Celle qui nous émeut avec ses récits autobiographiques tels que La Légèreté ou Les Grands Espaces, et qui aiguise notre esprit avec humour, est née en 1980 à Niort. Catherine Meurisse suit des études à l’École Estienne puis à l’École Supérieure des Arts Décoratifs à Paris. Son diplôme en poche, elle commence sa carrière dans la presse et elle rejoint le club très privé des dessinatrices de l’équipe de Charlie Hebdo. L’auteur du remarqué Mes hommes de lettres album retraçant un panorama humoristique, presque irrévérencieux de la littérature française, a le sens de la formule, habituée à croquer en un dessin la comédie humaine. Cette cousine lointaine de Bretécher séduit de nombreux lecteurs avec sa vision personnelle de l’histoire de la littérature française.
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Avec Le Ponts des Arts en 2012, elle étudie, toujours avec le même sens de l’humour, les liens entre peinture et écriture. Échappant de justesse à l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, elle publie La Légèreté, un album poignant et non dénué d’humour, explorant le long chemin de la reconstruction qui passe par la beauté. Avec Les Grands Espaces, publié en 2018, la dessinatrice évoque son enfance bucolique, faite de mille effluves, de savantes découvertes. En 2020, Catherine Meurisse a été élue par l’Académie des Beaux-Arts au fauteuil d’Arnaud d’Hauterives (1933-2018) dans la section de peinture.
Sa compatriote Anouk Ricard, 54 ans, a, elle, débuté dans la presse jeunesse avant de poursuivre sa carrière dans la BD en publiant Anna et Froga, merveilleuse chronique d’une bande de copains chamailleurs, puis Patti et les fourmis, l’amusante aventure d’une petite fille rapetissée au pays des insectes. L’autrice se distingue par son style faussement naïf et ses dialogues réalistes et incisifs qui tranchent avec l’écriture souvent policée des albums pour la jeunesse. Mais c’est avec l’hilarant Coucous Bouzon, paru chez Gallimard en 2011, qu’elle réalise son album le plus culte. Primée à Angoulême et par Libération, cette satire hilarante du monde de l’entreprise a failli être adaptée en dessin animé.
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Anouk Ricard et sa désopilante ménagerie
En 2022, sa BD Animan figurait dans la sélection officielle du festival d’Angoulême. Elle raconte les aventures d’un homme pouvant se changer en différentes créatures, comme dans la série télévisée Manimal. Sauf que ce héros-là s’appelle Francis, qu’il est en couple avec une grenouille et que son ennemi juré, un certain Objecto, peut se métamorphoser en n’importe quel objet.
La troisième finaliste, Alison Bechdel, 64 ans, est une figure de la contre-culture américaine et du mouvement LGBTQ. Publié en 2006, son roman graphique autobiographique Fun Home fait sensation en racontant les tourments qu’elle et son père avaient chacun traversés en raison de leurs difficultés à assumer leur homosexualité. Élu meilleur livre de l’année par Time Magazine, l’ouvrage devient une comédie musicale et triomphe à Broadway, ne remportant pas moins de cinq Tony Awards (dont celui de Best Musical). Accro au sport, elle a livré, en 2022, une passionnante autobiographie articulée autour de l’exercice physique avec Le Secret de la force surhumaine, son troisième roman graphique en sélection officielle 2023, dont sa partenaire, Holly Rae Taylor, a assuré la mise en couleurs. La dessinatrice a donné son nom au test de Bechdel, qui permet de mesurer le degré de féminisme des films. Cette autrice, dont les dessins peuplent régulièrement le célèbre hebdomadaire américain The New Yorker, a par ailleurs donné son nom au «test de Bechdel» qui permet d’évaluer le degré de sexisme d’une fiction en fonction de trois critères: si au moins deux personnages féminins y figurent, si elles parlent ensemble et si leurs échanges n’ont rien à voir avec un homme.
Depuis 2014, ce Grand Prix est décerné à l’issue d’un scrutin à deux tours auquel peuvent participer tous les auteurs de BD publiés au moins une fois en français. Il sera décerné cette année le 29 janvier, en ouverture du festival. D’autres distinctions seront remises lors du festival d’Angoulême dont le Fauve d’or récompensant le meilleur album de l’année.
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