À la veille du meeting de Jean-Luc Mélenchon ce dimanche à Saint-Denis, RFI s’intéresse au concept de « Nouvelle France » mis en avant par La France insoumise (LFI) depuis plusieurs mois. Un concept « clivant » et « identitaire » pour une partie de la classe politique. Le leader insoumis lui assume un « concept hameçon ».
Déjà porté pendant les municipales, il sera sans doute un marqueur de la campagne présidentielle. Dans la lettre où il annonce sa candidature, Jean-Luc Mélenchon fait directement référence au concept de « Nouvelle France ». « L’heure du grand changement est venue, écrit-il. Faisons vivre une nouvelle France […]. »
Ce n’est ni la première fois que Jean-Luc Mélenchon ou un Insoumis prononce ces mots, ni la première fois qu’un homme politique les prononce. On pourrait citer Valérie Pécresse, Arnaud Montebourg ou même Jacques Chirac. Mais dernièrement, les Insoumis ont été interrogés sur le sens précis de cette expression. « C’est la France telle qu’elle est aujourd’hui », défendent sur les plateaux télé les cadres insoumis. LFI explique parler de l’immigration et du fait que de nombreux Français aujourd’hui ont un grand-parent qui était immigré.
Mais le parti précise que cette « nouvelle France » englobe aussi le renouvellement des générations, le bouleversement de la condition des femmes — avec les familles monoparentales de plus en plus nombreuses — ou encore la généralisation, pour les travailleurs, du statut d’auto-entrepreneur.
Un concept pour « cliver et mobiliser un électorat qui se sent délaissé »
Des explications loin de convaincre les adversaires et rivaux politiques, qui, pour beaucoup, voient là du communautarisme de la part de LFI. « Ce concept de nouvelle France est fondé sur l’origine étrangère et constitue la quintessence du racisme », s’indigne la cheffe de file du RN, Marine Le Pen. Un sénateur Les Républicains voit là une stratégie pour draguer un « électorat communautaire ». Et à gauche non plus, on n’est pas tendre. « Ce concept contribue à fracturer le pays entre une nouvelle France et une vieille France pas belle qu’il faudrait écarter », analyse le communiste Fabien Roussel, qui estime que LFI propose un concept « identitaire » et fait du communautarisme.
« Jean-Luc Mélenchon fait exprès de cliver et mobilise un électorat jeune et racisé qui se sent délaissé », analyse de son côté un cadre du Parti socialiste. Du scepticisme aussi, de façon plus surprenante, chez une députée écologiste : « Oui, la France évolue, mais vu l’élan conservateur qu’on observe aujourd’hui, au lieu de radicalement imposer l’étiquette “nouvelle”, il faut expliquer, rassurer, rassembler. »
« La Nouvelle France, c’est celle qui ne laisse personne sur le côté »
Chez LFI, on se défend de tout clivage. Les Insoumis dénoncent une mauvaise compréhension. « Il n’y a pas d’explication racialiste. La nouvelle France, c’est celle qui ne laisse personne sur le côté et ne trie pas ses enfants », dit un député LFI. Interrogé sur le sujet récemment, Jean-Luc Mélenchon assume, lui, ce qu’il appelle un « concept hameçon » pour faire surréagir. Et un proche du leader LFI l’affirme : « Ce concept ne fait que commencer à vivre. »
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