Afrique économie – Spiro et ses motos électriques, un modèle en croissance mais gourmand en investissements

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Le fabricant panafricain de motos électriques Spiro a annoncé une levée de fonds record de 215 millions de dollars. Déjà implantée dans sept pays africains, l’entreprise veut étendre son réseau de stations d’échange de batteries et renforcer ses capacités de production. Un modèle qui séduit de plus en plus de conducteurs, mais qui exige des investissements considérables. 

De notre envoyé spécial à Nairobi,

« Ici, nous réalisons plusieurs types d’assemblages : les motos, les racks d’échange de batteries, les batteries elles-mêmes ainsi que les chargeurs », explique Japheth Ruttoh, directeur de l’usine Spiro de Nairobi.

Sur la ligne de production, les ouvriers fixent les selles, montent les roues et assemblent les porte-bagages. L’objectif est d’augmenter rapidement les capacités industrielles de l’entreprise. « Avec cette ligne d’assemblage, nous pouvons produire 150 motos en un seul poste de travail de huit heures. Cela concerne une seule ligne de production. Si la demande augmente, nous pouvons accroître davantage notre capacité », assure-t-il.

Le pari des batteries échangeables

Et la demande est bien au rendez-vous. En Ouganda, près de 30 000 motos électriques ont été vendues en 2025. Comme plusieurs de ses concurrents, Spiro a compris qu’en Afrique, les conducteurs cherchent avant tout à maximiser leur temps sur la route. Pour éviter les longues périodes de recharge, l’entreprise a développé un réseau de stations d’échange de batteries.

« Nous fonctionnons selon un modèle de location de batteries : nous restons propriétaires des batteries et les conducteurs paient uniquement pour les échanger lorsqu’elles sont déchargées. Dans les stations dédiées, ils remplacent en quelques minutes leur batterie vide par une batterie rechargée. Ce système leur évite d’avoir à financer l’achat ou le remplacement d’une batterie et ils peuvent simplement continuer à travailler et à gagner de l’argent », explique Raymond Kitunga, directeur de Spiro Kenya.

Un marché prometteur mais très concurrentiel

Présente au Kenya, au Togo, au Bénin, au Rwanda et en Ouganda, Spiro a déjà déployé plus de 2 500 stations d’échange de batteries. Une stratégie qui nécessite d’importants financements. En moins de deux ans, l’entreprise a levé au total 365 millions de dollars.

« Au Kenya, nous avons conclu des partenariats avec plusieurs distributeurs de carburant qui disposent d’un réseau couvrant tout le pays. Nous travaillons aussi avec l’Église catholique, qui nous aide à disposer de davantage d’emplacements pour ouvrir nos stations d’échange. Plusieurs grandes compagnies pétrolières nous ont aidés à déployer ce réseau afin que les utilisateurs puissent facilement trouver un point d’échange », détaille Raymond Kitunga.

Mais la concurrence s’intensifie. Des acteurs comme Roam, Ampersand ou ARC Ride se disputent désormais le marché kényan de la moto électrique. Ils sont aujourd’hui cinq principaux acteurs sur ce segment. Spiro conserve toutefois sa position dominante et mise sur un argument central : un coût d’utilisation inférieur à celui d’une moto à essence, malgré les ambitions affichées par le Kenya avec son projet de méga-raffinerie annoncé en partenariat avec Aliko Dangote.

Source du contenu: www.rfi.fr

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